L’intelligence artificielle ou l’art de raconter des histoires qui font peur

Les médias aiment parler de l’intelligence artificielle. Ils savent que c’est un sujet qui ne laisse pas indifférent et qui fait peur aux gens.

Pourtant, si l’on se penche réellement sur l’IA, on s’aperçoit que ceux qui en parlent le plus sont ceux qui en savent le moins. La couverture médiatique sur cette avancée technologique relève plus du storytelling savamment organisé que d’une véritable investigation basée sur des faits.

Voici ce qu’est vraiment l’IA aujourd’hui :

Des programmes dépendants de l’intelligence humaine

Souvent, lorsque vous naviguez sur internet, il faut prouver que vous n’êtes pas un robot en complétant un « captcha ». Ces dispositifs ne sont pas anodins : en fait, vous participez à l’entraînement des intelligences artificielles de Google.

En effet, pour faire fonctionner une intelligence artificielle, il faut passer par une phase d’entraînement supervisé.
Par exemple, pour qu’une IA reconnaisse un chaton, il faut lui montrer des milliers d’images de chaton. C’est pour cette raison que Google vous demande de désigner des chats parmi un ensemble d’images.

Ainsi, les IA sont dépendantes des humains : sans cette phase d’apprentissage supervisé, les IA sont incapables d’apprendre quoi que ce soit.

Une intelligence limitée

On aurait tendance à croire que les IA disposent d’une intelligence en tous points supérieure à celle des humains. En réalité, les machines ne sont pas dotées du sens commun spécifique aux humains : un enfant comprend vite que lorsque sa maman sa cache derrière un rideau, elle existe toujours. La machine non.

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est faible : ses capacités sont grandes, mais seulement sur des tâches spécialisées. Le cerveau humain reste la technologie la plus avancée à ce jour. D’ailleurs, sa complexité nous empêche de comprendre toutes ses subtilités.

Le grand remplacement : une histoire d’horreur pour les grands ?

Régulièrement, on nous annonce la fin du travail et une société ou le nombre de chômeurs est supérieur à celui des actifs. Ces prédictions sont basées sur des études et des rapports qui cherchent à évaluer l’impact de l’automatisation et de ma robotisation.

Néanmoins, il faut raison garder : ces enquêtes sont alarmistes et cherchent à susciter le débat. En prenant du recul, on s’aperçoit qu’elles ne tiennent pas compte des créations d’emplois liées à la robotisation et que les chiffres présentés sont artificiellement gonflés.

Ce que l’on constate, c’est que les freins à l’adoption généralisée de l’IA sont encore très nombreux tandis que les gains demeurent incertains.

La révolution ressemble plutôt à un changement qui prendre beaucoup de temps.

La singularité : un mythe made in Silicon Valley

En 2045, l’intelligence artificielle deviendra supérieure à l’intelligence humaine : c’est la singularité. Cette prophétie de Ray Kurzweil est loin d’être partagée par la communauté scientifique.

Pour l’instant, personne ne sait reproduire l’intelligence humaine en utilisant des machines.
Le terme intelligence artificielle est lui-même critiqué, car il laisse à penser que les ordinateurs sont dotés de compétences cognitives qui les rendent autonomes.

Mais c’est une sémantique trompeuse.

Certes, l’IA réalise des prouesses, mais cela ne concerne que des tâches spécialisées et sans l’intelligence des humains rien n’aurait pu être fait.

 

A l’avenir, méfiez-vous des médias qui vous annoncent « l’avènement de l’IA » : pour le moment, tout cela relève d’un storytelling savamment organisé, destiné à vous impressionner.

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