Transition énergétique et numérique : nouveaux désastres écologiques

Le futur de l’humanité passe par la troisième révolution industrielle : le développement des énergies renouvelables et l’essor des nouvelles technologies.

La planète sera propre, le monde fluide et connecté, les êtres humains vivront en paix et en bonne santé. Merci le progrès !

L’histoire est séduisante et véhiculée dans tous les médias, mais malheureusement complétement déconnectée de la réalité.

Les métaux rares, pétrole du XXI siècle

Les nouvelles technologies, qu’elles soient numériques ou environnementales nécessitent des métaux essentiels pour fonctionner : Iridium, indium, platine, terres rares... Sans eux, pas de batteries électriques, d’éoliennes, de téléphones portables ou de fibre optique.

Comme l’indique leur nom, ces minerais sont très peu présents sur Terre. C’est une famille de 17 métaux exotiques ultra-précieux, sans lesquels nos technologies ne fonctionneraient pas.
Pour en obtenir quelques kilos, il faut en extraire des tonnes de terre.

Malgré leur rareté, ces métaux nous ont envahis : le développement des nouvelles technologies n’aurait pas été possible sans ces minerais.
Par exemple, un smartphone sans métaux rares ferait la taille d’une brique, il n’aurait pas d’écran tactile ni de vibreur.

La face cachée des métaux rares

L’extraction massive de ces métaux est ultra-polluante, notamment à cause des sites géants d’extraction minière à ciel ouvert.

La Chine possède plus de 95% de la ressource mondiale en terres rares. Mais il y en a aussi en Bolivie, en Argentine, au Chili, en république démocratique du Congo et en Indonésie.

Voici la part d’ombre de la transition écologique et des progrès technologiques.

Dans tous les pays producteurs de métaux, les mêmes désastres sont à l’œuvre : dégâts environnementaux irréversibles, maladies mortelles pour les riverains, surconsommation d’eau et d’énergie pour l’extraction des métaux, exploitation des populations locales...

Les pays occidentaux ignorent délibérément le sujet, car ils sont totalement dépendants de ces minerais, qu’ils ne produisent plus.

Un enjeu géopolitique majeur

La Chine dicte sa loi sur le marché des terres rares. Le pays a décidé de fermer le robinet et de limiter ses exportations vers l’étranger : les pays Occidentaux ce sont assez gavés.

Les Chinois ont profité de leurs ressources rares pour développer des technologies vertes et des innovations dans le domaine du numérique, afin d’accroître l’avance industrielle du pays.

Les nations qui veulent des métaux doivent transmettre leurs technologies à la Chine : une forme de chantage qui a permis au pays de s’approprier les brevets étrangers.
Aujourd’hui, la Chine est le leader mondial de la transition énergétique.

Les autres pays producteurs de terres rares s’inspirent du modèle chinois pour commercer avec les étrangers : le poids économique et géopolitique des occidentaux n’est plus le même qu’avant. Les pays en développement qui produisent les minerais bruts et qui les vendent une poignée de dollars aux puissantes nations, c’est terminé.

Le leurre de la transition écologique

On comprend rapidement que la transition est une illusion marketing : sans extraction de métaux sales, il n’y a pas de progrès technologiques possibles.

Au nom de la sobriété, de la préservation de l’environnement et de la planète, nous creusons toujours plus : dans cette course aux nouvelles technologies, nous oublions que la quantité de matière est finie.

Dans un futur proche, la demande va s’accroître tandis qu’il y aura de moins en moins de terres rares disponibles.

La transition énergétique, les technologies vertes et numériques semblent être le miroir aux alouettes du XXI siècle. La Terre a mis des centaines de millions d’années à produire des ressources que nous allons détruire en seulement quelques siècles.

A ce rythme-là, il est certain que l’apocalypse sera notre destin.

 

Pour savoir plus, voici l'interview de Guillaume Pitron, auteur de "La Guerre des  Métaux rares".

Alpes Actu Conseil - 7 place des Arts - 74200 Thonon les bains - 04.50.73.58.22