Assistons-nous au déclin de Facebook ?

La confiance dans le réseau social s’est effondrée.
Les utilisateurs vont de moins en moins sur Facebook, tandis que d’autres suppriment purement et simplement leurs comptes. Le réseau social le plus fréquenté au monde serait-il en train de s’affaiblir ?

La solitude des sommets

Facebook, c’est l’histoire d’un réseau social qui, en moins de dix ans, a regroupé la communauté d’utilisateurs la plus vaste et la plus diversifiée de l’histoire de l’humanité.

Le réseau social compte aujourd’hui plus de 2 milliards de membres qui se connectent chaque mois.

Jamais, une entreprise n’était parvenue à de tels résultats aussi rapidement.
Google fait pâle figure, avec près d’un milliard d’utilisateurs répartit sur ses « huit produits phares », tandis que WeChat, le réseau social le plus utilisé en Chine, vient de franchir le milliard de membres : mais à la différence de Facebook qui rayonne sur le monde entier, WeChat ne parvient pas à s’exporter.

Ainsi, Marck Zuckerberg contemple la Terre d’en haut, tel un monarque assis sur son trône.

L’ambition originelle de Facebook, était de construire un monde où les frontières seraient abolies et les antagonismes réduits.
Avec Facebook, le sentiment d’appartenance à une seule et même communauté planétaire deviendrait une réalité partagée par tous les habitants de la planète Terre.

Mais rapidement, des phénomènes en tous points contraires à l’aspiration initiale du réseau social ce sont produits.

La tyrannie des minorités

Au fil des années, Facebook n’a cessé de grossir pour accueillir toujours plus d’utilisateurs.
Ces internautes, ont utilisé le réseau social pour se connecter à d’autres personnes qui partagent les mêmes opinions, préjugés et intérêts.

Par conséquent, ce que les gens s’empêchaient de révéler dans leur vie réelle, auprès de leur famille ou de leurs amis, ils sont allés l’exprimer avec force et conviction sur le réseau social.

Les exemples les plus frappants sont l’élection présidentielle américaine et le vote du Brexit, événements majeurs durant lesquels les internautes se sont affrontés sur Facebook par l’intermédiaire de publications et de commentaires injurieux et menaçants.

Face à ce phénomène de tribalisation, de regroupement d’individus partageant le même état d’esprit, Facebook s’est protégé en affirmant une « liberté d’expression totale » sur ses espaces.

... Une source de profit trop belle pour être vraie

Cette réaction, en apparence juste et raisonnable n’était pas dénuée d’intérêt.

Plus les internautes sont actifs sur Facebook, plus la plateforme fait de profits.
Les débats, les polémiques, les agressions, les fake news... Tout ce qui est susceptible de provoquer des réactions violente chez les gens fait gagner à Facebook beaucoup d’argent.

Par ailleurs, tous ces échanges entre internautes ont produit des quantités astronomiques de données, que des sociétés comme Cambridge Analytica ont pu récolter, pour tenter de manipuler les votants dans les Etats clés lors de l’élection américaine de 2016.

C’est ainsi que Facebook se retrouve aujourd’hui affaiblit : aveuglé par des profits en croissance constante, le réseau social n’a pas vu, ou n’a pas voulu voir, les dommages collatéraux (les externalités) qui pouvaient en résulter.
Facebook n’a pas assumé, en temps voulu, les responsabilités imposées par sa position hégémonique.

L’entreprise doit à présent en subir les conséquences.
La confiance du public envers le réseau social a chuté de manière (très) brutale.
Les utilisateurs ont commencé à se méfier et à prendre leurs distances avec Facebook : en 2016, un internaute passait en moyenne une heure par jour sur la plateforme. En 2018, ce chiffre est tombé à 41 minutes par jour.

De plus, Facebook ne parvient plus à recruter de nouveaux utilisateurs, tandis que de nombreux « anciens » décident de quitter définitivement le réseau social.

Malgré les valeurs et les aspirations que Facebook tente de proclamer au monde entier, il est désormais clair que le service a privilégié sa croissance, l’activité de ses utilisateurs ainsi que la propagation de discours de haine plutôt que de créer une plateforme saine.

La recherche du profit nécessite souvent l’exploitation des plus vils instincts humains.
Facebook le sait et n’a pas hésité à en user pour faire croître sa communauté.
Jusqu’à ce que la vérité soit révélée au grand jour...

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