L’intelligence artificielle bouleverse le monde de l’art

La créativité est certainement la faculté qui manque aux machines pour espérer supplanter les êtres humains.

Pour autant, les récentes avancées en matière d’intelligence artificielle tendent à réduire cette frontière et à porter un coup à notre prétendue « supériorité intellectuelle ».

L’IA peut-elle faire de l’art ?

Un événement sans précédent va se produire aujourd’hui à New-York : une œuvre d’art peinte par une intelligence artificielle va être vendue aux enchères chez Christie’s.

Ce tableau représente un homme trapu, habillé d’une redingote noire, au regard vague et au visage légèrement flou dans le plus pur style du XIXe siècle.

portrait intelligence artificielle obvious art

Intitulé « Le portrait d’Edmond de Belamy », il est signé d’une équation mathématique, car il s’agit d’une œuvre produite par un programme informatique développé par trois jeunes Français appartenant au Collectif Obvious.

Ces jeunes diplômes en IA et écoles de commerce ont eu l’idée d’utiliser la création artistique comme vecteur d’information, sur le « machine learning », auprès du grand public.

Une histoire de neurones contradictoires

Le procédé utilisé s’appelle GAN (Réseaux Antagonistes Génératifs). En effet, l’image obtenue est créée par deux algorithmes qui se confrontent l’un à l’autre.

Le premier, assimile plus de 15000 portraits différents dans le but d’en proposer un « 15001ème » dans la lignée des autres portraits analysés, mais qui n’est pas une copie, ni une moyenne.

Dans un second temps, le deuxième algorithme, le « discriminateur », analyse cette image pour la comparer à des œuvres existantes, afin de voir si elle est réaliste ou si elle ne ressemble à rien.

Ce processus est répété en boucle, jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de dire si c’est un humain ou un ordinateur qui a créé l’image.

Grâce à ce procédé révolutionnaire, Obvious a réussi à taper dans l’œil de Christie’s, l’une des plus grosses sociétés de vente aux enchères.

D’après les créateurs de « Edmond de Belamy » (l’homme représenté sur le tableau), cette œuvre unique coûte autour de 10.000 dollars.

Est-ce de l’art ou du mimétisme ?

En 2016, un algorithme avait réalisé un tableau « à la manière de Rembrandt », après avoir analysé des dizaines d’œuvres du peintre hollandais.
Cette même année, Sony a créé une nouvelle chanson des Beatles grâce à l’IA.

En 2017, des algorithmes de Google ont écrit des poèmes en s’inspirant de recueils et de romans à l’eau de rose.

Certains artistes n’hésitent pas à dénoncer cette dérive technologique et parlent de processus artistique dénué de toute créativité. Une forme de mimétisme numérique qui condamne la pensée créatrice proprement humaine.

D’autres voient, dans le couple machine-artiste, le futur de la création artistique et un horizon de possibilités encore non explorées.

Les habitants de Thonon-les-Bains pourront se faire leur propre avis, car ils auront la chance de voir les œuvres du Collectif Obvious le dimanche 18 novembre au Château de Ripaille, durant le festival Rivages Electroniques.

Alpes Actu Conseil - 7 place des Arts - 74200 Thonon les bains - 04.50.73.58.22