Toutes les vies humaines ont-elles la même valeur ?

Ceci n’est pas une réflexion philosophique.

Ceci est un dilemme moral auquel l’humanité sera confrontée, lorsque les voitures autonomes auront le droit de circuler.

Une enquête mondiale

Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) a réalisé une enquête mondiale, qui interroge plus de deux millions de personnes, pour savoir si les gens souhaiteraient qu’une échelle de priorité des vies soit établie par les intelligences artificielles, qui « pilotent » les voitures autonomes, bientôt misent en circulation sur nos routes.

Par bien des aspects, l’être humain, face à l’intelligence artificielle, est un piètre conducteur.
Ainsi, la raison et le progrès technologique nous poussent à déléguer cette « tâche », à des systèmes automatisés, objectivement plus efficaces car non-humains, c’est-à-dire privés d’émotions, de perturbations physiques, de difficultés psychiques où de problèmes de concentration...

L’humanité s’apprête à autoriser une machine, la voiture autonome, à décider seule de qui doit vivre et qui doit mourir, sans supervision humaine et en temps réel.

Les résultats de cette étude ont pour but d’influencer la législation des pays et le paramétrage des véhicules que les constructeurs automobiles s’apprêtent à mettre entre nos mains.

Les femmes et les enfants d’abord

Imaginons une situation d’accident : les freins d’une voiture autonome lâchent. A bord de cette voiture folle, il y a une femme et un enfant. Face à la voiture, sur la route, trois personnes âgées traversent au feu rouge.

La voiture autonome, doit-elle continuer tout droit et écraser les piétons ? Où braquer soudainement et tuer les passagers ? Et si c’est une femme enceinte, accompagnée d’un enfant qui se trouve au milieu de la route ?

Face à ces dilemmes moraux, l’enquête du MIT nous révèle les choix de la majorité des répondants :

- privilégier la vie des jeunes et des personnes en bonne santé, plutôt que celle des anciens et des malades.

- épargner le plus de vies possibles : un groupe de 7 personnes doit avoir la priorité sur un groupe de 6 individus

- les vies humaines comptent plus que les vies animales.

- le statut social et le respect de la loi comptent pour être sauvé : les SDF et les personnes qui ne respectent pas les feux ou le code de la route ont ainsi plus de risques de se faire tuer par une voiture autonome.

- la probabilité d’être percuté augmente si l’on est obèse et baisse si l’on est une femme.

Cette rationalisation à l’extrême peut paraitre effrayante, mais les questionnés étaient soumis à des dilemmes où ils ne pouvaient rien faire d’autre que de choisir.
C’est le principe d’une expérience de pensée, appelée le problème du tramway, ou le choix délibéré de protéger un groupe A pénalise le groupe B, qui se retrouve sacrifié.

Des scénarios rares

Les voitures autonomes sont conçues pour éviter de se mettre en danger. Chaque seconde, elles prennent de dix à cent décisions.
Autrement dit, avant de se retrouver dans de tels dilemmes, il existe de multiples possibilités d’y échapper.

Si de tels scénarios dramatiques se produisent, ils seront la conséquence de multiples dysfonctionnements, qui se sont produits en amont de l’accident.

Finalement, cette étude, dont le but était de révéler les préférences des gens lorsqu’il s’agit de choisir les victimes d’un accident, nous amène à réfléchir sur un futur où l’être humain ne sera plus maître de ses actes ni de son destin.

Cet avenir se dessine chaque jour un peu plus sous nos yeux de spectateurs ébahis.

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