La magie du E-commerce destructrice pour la planète ?

Aujourd’hui, n’importe quel produit est à portée de clic.
Nos achats en ligne sont devenus compulsifs, malgré leurs conséquences destructrices pour l’environnement et la vie sociale.

La vente à distance bat des records

Internet n’a pas fait naître la vente à distance et la livraison de biens de consommation aux particuliers.
Il l’a simplement développé pour en faire un véritable phénomène de société.

En 1929, la Redoute commence à satisfaire ses premiers clients et à développer ce nouveau mode de consommation.

En 2019, 37,5 millions de Français achètent en ligne et chaque année ce sont plus de 500 millions de colis qui sont livrés.
Le cap du milliard devrait être atteint en 2025.

Aujourd’hui, toutes les grandes enseignes et les E-commerçants réfléchissent au moyen le plus efficace d'écouler leurs marchandises : puisque tous vendent à peu près les mêmes produits, la compétition se déplace sur le terrain de la livraison.
Chacun cherche le moyen le plus rapide et le plus économique pour satisfaire les acheteurs qui attendent impatiemment leurs colis à domicile.

Ces externalités auxquelles on n’a pas pensé

Dans cette course aux ventes et à la croissance, tout le monde semble avoir oublié les questions éthiques et environnementales qui se posent avec la généralisation de ces nouveaux modes de consommation.

En ville, un quart des émissions de CO2 est dû au transport de marchandises, soit un million de tonnes par an pour une ville de la taille de Paris.
Or, les camionnettes de transport se multiplient : ces véhicules, qui se garent n’importe où, qui roulent à vive allure et qui sont conduits par des livreurs pressés, obligés de suivre la cadence qui leur est imposée.

Le fameux “dernier kilomètre” (entre l’entrepôt et votre domicile) est générateur de pollution et de stress. De plus, les entrepôts logistiques favorisent l’étalement urbain, ils contribuent à la désertification des centres villes et commencent petit à petit, à prendre la place des grandes surfaces.

De nombreuses solutions sont envisagées pour lutter contre ces externalités négatives de la vente en ligne : les livreurs tentent de se convertir à l’électrique, tandis qu’Amazon compte sur les robots pour assurer des livraisons propres et garanties sans syndicat.

En attendant cette “révolution verte”, il y a déjà la solution du point-relai : c’est un peu mieux que la livraison à domicile, mais les magasins qui prennent en charge vos colis se voient contraints d’assumer une activité qui n’est pas la leur, et qui, au fil de temps, demande beaucoup de place et de gestion, pour seulement quelques centimes par carton.

Les points-relais limitent les nuisances de la livraison “du dernier kilomètre”, mais n’empêchent pas les nombreux gaspillages énergétiques induits par la chaîne de valeur du E-commerce.

Quelles solutions ?

A l’heure actuelle rien ne semble pouvoir arrêter la croissance du E-commerce et de ses externalités négatives.
Plutôt que de chercher d’hypothétiques solutions, nous devrions peut-être questionner notre rapport à cette pratique qui “nous facilite la vie” : car l’achat d’un produit entraîne tout un tas de services et d’opérations que l’on ne prend pas toujours en considération.

Ce n’est pas Amazon qui livre vos colis, mais un pauvre type stressé et mal payé.

Ce n’est pas le E-commerce qui est catastrophique, mais plutôt l’impatience des internautes qui veulent tout, tout de suite, quel qu’en soit le coût énergétique.

SI un enfant agirait ainsi, on parlerait de caprice.
Mais lorsqu’il s’agit d’un adulte, on parle de “satisfaction client”.

 

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