La guerre des trottinettes ne fait que débuter...

Ce jouet de notre enfance est en train de mettre un bazar pas possible dans nos villes.

Depuis qu’elle a été dotée d’un moteur électrique, la trottinette se répand sur les chaussées et les trottoirs... Voici pourquoi.

Un phénomène mondial

Les trottinettes électriques en libre-service se développent sur toute la surface du globe.
Ce nouveau moyen de transport s’avère être très pratique pour les déplacements urbains de courte distance.

A Paris, il y aurait près de 15 000 engins de ce genre qui seraient en service.
D’ici fin 2019, la capitale en comptera plus de 40 000. Actuellement, douze opérateurs se livrent une bataille féroce pour gagner la place de leader sur ce marché au potentiel de croissance exceptionnel.
D’ailleurs, les deux derniers acteurs qui viennent de s’implanter a Paris sont des noms connus : Usain Bolt et Uber.

La frénésie autour des trottinettes électriques s’explique par la statistique suivante : 35% des trajets urbains sont inférieurs à 2km.
Cette solution de micro-mobilité à donc tout de suite été adoptée.

Différentes études économiques estiment le marché à 50 milliards de dollars d’ici 2050 : un chiffre qui aiguise l’appétit de nombreux investisseurs qui veulent obtenir leur part du gâteau.

Quel est le business model ?

Les trottinettes électriques ne sont pas rentables.
Le prix moyen d’une course est de 3.13 euros, ce qui permet à l’opérateur de se dégager une marge de 0.58 euros.
Chaque jour, une trottinette effectue 5 courses en moyenne.

A l’achat, ces engins coûtent environ 335 euros. Ainsi, il faut quasiment quatre mois d’exploitation (115 jours) pour rentabiliser l’achat d’un véhicule.

Mais le problème n’est pas là.
Il est dans la durée de vie d’une trottinette en libre-service : pas plus de 3 mois.
Plusieurs facteurs expliquent cette rapide obsolescence : l’usage intensif, le vandalisme et la faible qualité de ces engins électriques.

En plus de cela, les opérateurs doivent payer des « auto-entrepreneurs », en réalité des travailleurs précaires, qui s’occupent des machines lorsqu’elles ne sont pas utilisées (collecte, recharge et réparation).
Ces « juicers » (de «give juice», donner de l’énergie en anglais), représentent 50% des frais des différentes compagnies qui s’affrontent sur le marché.

A cela, il faut ajouter une concurrence féroce qui pousse les opérateurs à une guerre des prix dont l’issue sera une inévitable baisse de leurs recettes.

Une législation qui se durcit

La ville de Chicago à interdit les trottinettes électriques en libre-service.

A Paris, circuler sur les trottoirs avec ces engins est interdit, de même que les y déposer.
De plus, les opérateurs devront s’acquitter d’une redevance annuelle de 50 à 65 euros par engin, somme croissante en fonction du nombre de trottinettes déployées par l’entreprise dans la ville.

Ce qui, à l’origine, semblait être une bonne idée, se transforme progressivement en cauchemar généralisé pour la collectivité.
Les trottinettes sont peut-être une solution pour limiter la pollution, mais elles sont aujourd’hui bien trop nuisibles pour que nous puissions vraiment y croire.

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